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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 20:49
 

Source / auteur : Mailing RAC-France

17 décembre 2009

 

 

Alors que les négociations font du surplace et que les ONGs et les organisations de la société civile réclament de plus en plus fort un accord contraignant fondé sur la justice climatique, les portes du Bella Centre, le lieu du sommet sur le climat à Copenhague, leur sont désormais partiellement fermées. Le RAC et ses associations membres condamnent vivement cette tentative de baillonner les ONGs à la veille de l’arrivée des Chefs d’États.

 

L’arrivée au Bella Centre a été rude pour l’ensemble des 96 représentants du réseau international des Amis de la Terre dûment accrédités, mais aussi pour ceux de la Via Campesina et d’autres ONGs ou organisations de la société civile. L’entrée leur a été interdite sans raison et sans explication alors qu’ils avaient accès aux lieux la veille.

 

Pour Sandrine Mathy, présidente du RAC : « Cette mise à l’écart d’organisations de la société civile qui représentent des millions de citoyens de pays du Nord, mais aussi les populations du Sud affectées par les changements climatiques est un déni de démocratie. Elle laisse à penser que certaines délégations souhaitent travailler dans l’opacité. »

 

Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre France rajoute : « Les ONGs qui ont mobilisé 100 000 personnes à Copenhague samedi et plusieurs millions pendant les semaines précédentes pour réclamer la justice climatique continueront à faire entendre leur voix, même si cette voix doit venir uniquement de l’extérieur du Bella Centre. Les chefs d’États pourront s’enfermer dans leur bunker, ils leur sera impossible de continuer à faire comme si le reste du monde n’existait pas. »

 

Pour Karine Gavand, chargée de campagne climat à Greenpeace France « Les négociations patinent : les États-Unis torpillent le processus et l’Europe est immobile. Guère étonnant que les citoyens et les ONGs s’exaspèrent. Les chefs d’États doivent écouter ce message. »

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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 18:55

 

 

Le 17 décembre 2009 à 18h51 : 13. 552 244 personnes ont signé l'appel.

Ensemble, allons jusqu'à 15,000,000

 

 

A deux jours de la fin de négociations cruciales, la Conférence de Copenhague sur le climat s'annonce comme un échec.

 

Les dirigeants du monde entier sont arrivés à Copenhague et ont entamé un round final de 60 heures de négociations directes. Chacun d'entre eux devra décider de prendre la stature d'un héros ou au contraire de provoquer un échec collectif. Mais ils n'agiront que si nous agissons aussi.

 

Un mouvement mondial s'est construit progressivement dans l'objectif de peser sur cette échéance. Il est temps à présent d'exercer une dernière fois une pression massive -- à travers un appel citoyen mondial en faveur d'un vrai accord qui arrêtera la catastrophe climatique. Dans les prochaines 48 heures nous avons la possibilité de construire la plus grande pétition jamais signée. Les noms des signataires sont actuellement lus à haute voix à l'intérieur de la conférence. Signez la pétition ci-dessous et faites passer le message à vos amis:

 

 

Pétition aux 110 Présidents et Premiers Ministres présents à Copenhague:

 

Nous appelons chacun d'entre vous à faire face à ses responsabilités en acceptant les concessions nécessaires à la résolution de cette crise historique. Les pays riches doivent proposer des financements justes et tous les pays doivent fixer des objectifs de réduction des émissions ambitieux. Nous vous appelons à ne pas quitter Copenhague sans un accord juste, ambitieux et contraignant qui protègera le monde d'un réchauffement mondial de 2 degrés aux conséquences désastreuses.

 

Signez

 

 

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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 21:58
 

Libération.fr

8/12/2009

 

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A COPENHAGUE

 

Un projet de texte final, dévoilé ce mardi alors que le sommet sur le climat vient à peine de débuter, a mis en rage le G77, groupe de 133 pays en développement. Qui ont le sentiment de devoir «payer» une facture qui ne leur revient pas.

 

Ce n'est qu'un projet de texte final, mais il a visiblement des propriétés incandescentes. Ce n'est qu'une esquisse mise en musique par le Danemark, qui préside la conférence de l'ONU sur le climat à Copenhague, mais elle a semé le trouble ou la colère.

 

«Les tactiques de négociations en coulisses sous la présidence danoise se sont centrées sur la volonté de complaire aux pays riches et puissants, plutôt que de servir la majorité des Etats qui réclament une solution équitable et ambitieuse», flingue ainsi Kim Carstensen, du WWF. «Ce texte n'est rien. Du vide. On ne signera pas un deal inéquitable qui condamne 80% de la population à la souffrance et à l'injustice», torpille de son côté Stanislaus-Kaw Di-Aping, l'ambassadeur du Soudan aux Nations unies.

 

Où est Kyoto?

Que dit ce projet, façon coquille vide? Il se borne à reprendre l'ambition largement partagée de limiter le réchauffement à +2°C. Et, pour y parvenir, vise une réduction de moitié des émissions mondiales d'ici 2050 par rapport à 1990 - ou de 58 % par rapport à leur niveau de 2005. Il recommande un «pic» pour les émissions des pays en développement - lui aussi laissé en blanc - au-delà duquel celles-ci devront commencer à baisser. Idée contre laquelle feraillent la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud.

 

Problème: il ne fait à aucun moment référence au Protocole de Kyoto, seul instrument juridique existant de lutte contre l'effet de serre, qui engage les pays industrialisés pour l'instant jusqu'en 2012. Il évoque le financement de la lutte contre l'effet de serre et de l'aide à l'adaptation des pays en développement - point dur des négociations - et relate une aide immédiate de 10 milliards de dollars par an jusqu'en 2012. Di-Ping a réglé son compte au «texte» dans une conférence de presse à rallonge, qui s'est terminée à 20h30 mardi soir.

 

«10 milliards? Une aumone!»

«Bon, c'est le Soudan, faut pas s'énerver. On connaît leur CV en matière de droits de l'homme et d'injustice», relativise un diplomate. Peut-être. Mais le Soudan et Di-Aping ont un rôle clé dans la négociation. Ce sont eux qui pilotent le G77, groupe de 133 pays en développement. Et ils donnent un peu du «la» du concert des discussions.

 

Mais Di-Aping a envoyé le son. «Les pays riches sont capables de sortir 1.100 milliards pour sauver le système financier en trois semaines? Ils nous lâchent 10 milliards. Une aumône. Et encore, si on la voit.» Puis: «Combien faut-il de temps à Bill Gates pour trouver 10 milliards? Trois coups de fils.» Ou enfin, un long plaidoyer sur «le manque absolu de leadership des pays riches» qui condamnerait «l'Afrique à une mort certaine». Sans parler d'un réquisitoire au vitriol, et plutôt étayé, contre la Banque mondiale et le FMI. «J'ose croire qu'ils cesseront de faire passer leurs intérêts économiques nationaux avant le salut de l'humanité», conclut le Soudanais.

 

«Prendre le pouls»

Reste à voir si tous les pays en développement vont suivre son credo. Ou faire un pas de côté pour ne pas risquer de torpiller d'entrée les négociations. Car ce texte n'a rien de vraiment nouveau. «Il circule depuis quelque temps entre les chancelleries, note un expert des négociations. Histoire de prendre le pouls, de mesurer l'état des rapports de force.»

 

Les Danois eux-mêmes avaient tenté de se prémunir de toute interprétation enflammée. «Nous menons des consultations depuis des semaines et des mois, c'est notre boulot», expliquait lundi, à l'ouverture des travaux, la co-présidente du sommet, Connie Hedegaard. Un boulot visiblement plutôt mal ficelé, à en croire ONG et pays en développement.

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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 21:51

CONFÉRENCE SUR LE CLIMAT

 

Le Point.fr

05/12/2009

Avec AFP

 

1-COPENHAGUE.jpg

Des dizaines de milliers d'Européens ont défilé samedi, à deux jours du début du sommet de Copenhague, comme ici à Londres où une "vague bleue" a déferlé sur la ville © ANDY RAIN / EPA

 

 

Des vagues de manifestants déferlant sur Bruxelles ou Londres, un train écologiste allant de Belgique au Danemark : des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi, en Europe, à deux jours du début du sommet de Copenhague. Le train spécial baptisé "Climate Express" a quitté Bruxelles dans la matinée et devait rejoindre Copenhague une douzaine d'heures plus tard. À son bord, plusieurs délégations (France, Belgique, Luxembourg) de négociateurs, experts et militants écologistes se rendaient dans la capitale danoise pour le sommet de l'ONU sur le climat, avec une escale à Cologne pour embarquer leurs homologues allemands. 192 pays doivent participer, du 7 au 18 décembre, à ce sommet pour tenter de décrocher un accord remplaçant le protocole de Kyoto, qui arrive à échéance en 2012. Dans des discussions de dernière minute, le ministre français de l'Écologie Jean-Louis Borloo devait rencontrer samedi à Moscou le vice-Premier ministre russe, Igor Setchine, et un conseiller du Kremlin pour le climat.

 

Dans une dizaine de villes de France, des centaines de personnes ont battu tambours et frappé casseroles et boîtes de conserve pour "monter le son". Ces "flash-mobs" se sont tenues à 12 h 18 précises, en référence à la fin du sommet, le 18 décembre (12/18 en anglais). Dans le centre de Paris, les manifestants ont revêtu les couleurs orange, noir et blanc de l'Ultimatum climatique, qui rassemble onze ONG. À Bordeaux, devant une banderole proclamant "Climat : urgence J - 2", ils ont arboré des plastrons énonçant les rejets annuels de gaz à effet de serre dans différents pays (0,1 tonne par an pour un Malien, 8,7 tonnes par an pour un Français et 24,5 tonnes par an pour un Américain). Les Britanniques ne sont pas restés inactifs, avec un coup d'envoi donné en milieu de journée à Londres par une messe oecuménique ponctuée de prières. "Il semble qu'au cours des dernières décennies, peut-être le dernier millénaire, la race humaine n'a pas été très bonne envers le reste de la création, tout comme notre civilisation n'a pas été très bonne envers la race humaine", a estimé Rowan Williams, archevêque de Canterbury et chef de l'Église anglicane. "Ça nous rattrape", a-t-il dit.

 

"Arrêtons la fièvre de la planète"

 

Puis le point d'orgue de la journée s'est élancé : "La vague", manifestation organisée par la coalition Stop Climate Chaos (SCC), a déferlé dans les rues de la capitale, projetant également des ondes vers Glasgow (Écosse), Dublin et Belfast. Selon Scotland yard, environ 20.000 personnes grimées de bleu - pour représenter l'eau de la vague - ont arpenté Londres. À Bruxelles, jusqu'à 15.000 manifestants de tous âges se sont mobilisés pour réclamer un accord "ambitieux" à Copenhague. Beaucoup sont venus en famille, d'autres avec leurs bannières associatives, syndicales ou politiques, le tout formant une longue vague aux couleurs turquoise et vertes, qui a défilé dans le quartier des institutions européennes, habituellement déserté le samedi. Un groupe d'enfants tapant sur des tambours ouvrait la marche sans anicroche, rythmée aux cris de "act now" (agissez maintenant).

 

À Stockholm, plus de 200 manifestants ont parcouru la ville sous une légère bruine, jouant du tambour et brandissant des pancartes réclamant de l'action à Copenhague. Devant le palais royal, ils ont évolué au son du tube The Final Countdown ( Le Compte à rebours final ) du groupe national Europe. Les écologistes italiens ont préféré attendre le jour d'ouverture du sommet, organisant une manifestation à bicyclette intitulée "Copenhague appelle Rome". Le cortège doit se rendre dans des lieux phares de la ville avec un slogan : "Arrêtons la fièvre de la planète."

 

2 COPENHAGUE 

Dans le centre de Paris, les manifestants ont revêtu les couleurs orange, noir et blanc de l'Ultimatum climatique, qui rassemble onze ONG © IAN LANGSDON / EPA

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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 21:47
 

Source / auteur : Action contre la faim

2 décembre 2009

 

 

 

Comme 80% des Maliens, les Tamashek - ethnie nomade vivant dans le Sahel, tirent majoritairement leurs revenus de l’élevage et de l’agriculture et sont de ce fait extrêmement dépendants du climat. Cette année, la saison des pluies a commencé avec un mois et demi de retard provoquant une véritable urgence humanitaire.

 

Dans la région de Gao, au Nord du Mali, les pluies arrivent chaque année aux environs du mois de juin. Cette année, elles sont arrivées en août. Pour les scientifiques, ce retard de la saison des pluies serait un effet des changements climatiques. De plus, la durée de la saison humide diminue et l’on constate un dérèglement météorologique en Afrique de l’Ouest. Ainsi, cette année, alors que Ouagadougou –capitale du Burkina Faso- subissait des inondations record, la région du Sahel subissait d’importantes sécheresses.

 

Le Sahel est une zone semi-aride qui s’étend entre le désert du Sahara et les zones tropicales humides plus au Sud. Les zones sahéliennes ont toujours été habitées ; ce sont des régions sèches et difficiles mais viables grâce aux pluies qui y tombent une fois par an. Les éleveurs et les agriculteurs du Sahel ont adapté leurs modes de vie depuis des millénaires à ce calendrier et cet environnement. Aux dires des éleveurs de la région de Gao, la sécheresse d’aujourd’hui est pire que celles des années 70 et 80 car elle décime l’ensemble du cheptel. C’est ce qu’explique Mohammed Al Karim, nomade tamashek vivant dans un campement à 80km de Gao : « depuis 5 ans, les pluies sont de plus en plus tardives. Du coup, les animaux meurent de faim et de soif. Le soleil s’est rapproché de nos têtes : il fait plus chaud et en plus, beaucoup de maladies se développent ; le bétail est tellement faible quand arrivent enfin les pluies, qu’il tombe malade et meurt. Toutes les espèces sont mortes cette année, même les chameaux et les ânes, extrêmement résistants ! On est très fatigué de chercher du grain, des pâturages et de l’eau tout le temps et on n’arrive plus à vivre de l’élevage. » Les pertes moyennes d’animaux sont d’environ 50% mais certains ont perdu jusqu’à 90% de leur troupeaux !

 

La perturbation des prix du marché

Pour compenser le manque de pâturages, les éleveurs ont voulu acheter des aliments pour leurs animaux mais une bulle spéculative s’est enclenchée : le prix de la nourriture pour le bétail a été multiplié par 4, appauvrissant d’autant les éleveurs contraints à acheter à ce prix la nourriture pour sauver leurs bêtes. Au vu de cette situation, beaucoup d’éleveurs ont voulu les vendre. Cela a provoqué une forte spéculation, le prix du bétail étant parfois divisé par 5, ce que confirme Mohammed « Lors des grandes sécheresses des années 70, ce qu’il me restait comme animaux, j’arrivais à le vendre. Aujourd’hui, les prix se sont effondrés : je ne peux plus rien vendre ou alors pour rien ! Cet été, pour un sac de mil, il fallait vendre 5 chèvres, contre 1 habituellement. »

 

A cela s’est ajoutée une augmentation des prix de la nourriture pour les familles : cet été, le sac de riz coûtait plus de 30€, ce qui est totalement inaccessible dans un pays où plus de 60% de la population vit avec moins de 2€ par jour. Les éleveurs sont donc sortis durablement affaiblis et appauvris par ce retard de pluie. Le bétail est leur seule source de revenus et constitue par ailleurs la base de leur alimentation. Habituellement, la malnutrition est quasi absente chez les populations nomado-pastorales : les enfants bénéficient toujours du lait très nutritif des animaux. Mais, cette année, ce retard des pluies a provoqué une détérioration rapide de l’état nutritionnel des populations les plus vulnérables.

 

Des effets dévastateurs…

Par ailleurs, il s’agit aussi d’endiguer les conséquences désastreuses de ce retard de pluies pour les agriculteurs : seules 25% des rizières ont été semées. La récolte de l’année à venir s’annonce donc extrêmement faible, compromettant ainsi les réserves alimentaires. La malnutrition aiguë touche actuellement 16% des enfants de moins de 5 ans : c’est la deuxième cause de mortalité infantile. C’est la situation d’Alhousna. Cette petite fille de 7 mois ne pèse que 4 kg pour 61 cm. Elle est en état de malnutrition aiguë sévère. Ses parents et ses deux frères et sœurs ont parcouru 27 km à pied pour rejoindre l’un des sites de distribution mis en place par Action contre la Faim. En effet, face à cette situation de crise, les équipes d’ACF ont lancé des opérations d’urgence dans toute la région de Gao, en plus de leurs interventions habituelles. Ainsi, « 21 sites de distribution à travers la région ont ouvert pour près de 3000 familles. Depuis septembre et jusqu’en décembre, 2 distributions de nourriture auront lieu chaque mois pour tenter d’endiguer la crise et prévenir l’émergence de davantage de malnutrition. Chaque famille ayant un enfant de moins de 3 ans –les plus vulnérables– reçoit 30 kg de mil et 3 litres d’huile, ainsi que de la nourriture thérapeutique adaptée à l’état de l’enfant » explique Samantha, experte en aide alimentaire du pool urgence d’ACF, venue aider les équipes sur place à mettre en place cette vaste opération. Dans la bourgade d’Intahaka, ce jour-là, avec Alhousna, ce sont plus de 200 personnes venant d’un peu partout (certains ont fait jusqu’à 65 km à pied) qui sont venues chercher une ration alimentaire qui leur permettra de mieux faire face à cette difficile période de soudure. Les enfants y sont auscultés afin de détecter ceux atteints de malnutrition.

 

S’adapter : une urgence vitale

Présente dans cette région depuis une décennie, ACF vient en appui aux structures de santé locales pour détecter, traiter et prévenir la malnutrition, problème structurel au Mali. Des activités de sécurité alimentaire sont également mises en place pour essayer de redonner une autonomie alimentaire aux personnes les plus vulnérables. Il s’agit en effet bien souvent pour eux de devoir s’adapter aux dérèglements du climat en changeant leurs techniques agricoles ou leurs cultures : « Ce sont souvent des groupements de femmes vulnérables que nous soutenons : nous leur apportons un soutien technique, des conseils… Nous leur donnons des semences et les aidons à se constituer un stock qui pourra être utilisé pendant la période de soudure. En fait, nous formons de petites coopératives. Un système d’irrigation par goutte à goutte est installé afin de rationnaliser au maximum l’eau utilisée. Ce sont ainsi près de 2000 personnes et leurs familles qui bénéficient de ce soutien », explique Ali Oumar Maïga, en charge de ce programme pour ACF. Face à l’impact grandissant des changements climatiques, il est en effet fondamental d’intervenir en urgence pour faire face aux crises issues de ces changements mais également de seconder les personnes touchées à plus long terme, en atténuant les conséquences des changements climatiques et en les aidant à s’adapter. Sinon, comme le dit Mohammed Al Karim : « De plus en plus de personnes abandonnent l’élevage et partent rejoindre les villes. Le problème, c’est que beaucoup ne s’adaptent pas à la vie en ville : ils ne savent rien faire d’autre qu’élever du bétail… et sont donc souvent au chômage. Si cela continue comme ça, le nomadisme va finir à cause de la sécheresse : on n’arrive plus à en vivre. »

 

Le témoignage de la mère de Souleymane

Souleymane a un an. Il est arrivé avec sa mère Aïssa 5 jours auparavant. Il ne pesait que 5 kg pour 66 cm au lieu de 7,5 kg normalement pour un enfant de sa taille. Il était donc en situation de malnutrition aiguë sévère, la forme la plus grave. Atteint également de très fortes diarrhées, il a été admis dans l’unité nutritionnelle thérapeutique du service pédiatrique de l’hôpital régional de Gao, structure que soutient ACF. Elle vient d’un petit village à plusieurs jours de marche. Son mari est cultivateur. Ils ont semé mais les pluies sont venues tellement tard, qu‘au moment où la crue du fleuve Niger a eu lieu, les semences de riz n’avaient pas encore levé. « Maintenant, les poissons mangent tous les grains dans l’eau » se désole Aïssa. Leur récolte ne sera donc pas suffisante pour combler leurs besoins alimentaires de l’année à venir. A cela, s’ajoutent les problèmes d’accès à l’eau potable, qui expliquent sans doute les fortes diarrhées de son enfant. Cinq jours après son arrivée, Aïssa est confiante : « Souleymane a bien grossi : en 5 jours il a déjà pris 600 grammes ! Maintenant, ça va mieux, je suis rassurée ».

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