AGENDA

Il y a actuellement   personne(s) sur ce blog

 

 

AGENDA

de Ségolène


PRESSE

16/11/09 : 8h20 FRANCE INTER / Nicolas Demorand

18/11/09: CONGRÉ DES MAIRES / Conférence de presse,

Porte de Versailles, sur les véhicules propres

et présentation de la "Simplicity"


CAMPAGNE RÉGIONALES 2010

15/11/09 à La Crèche à 15H00

26/11/09 à La Cerizay à 20H30

27/11/09 à La Crèche à 20H30

01/12/09 à St-Maixent-l'Ecole à 20H30

02/12/09 à Niort à 20H30

03/12/09 à St-Jean-de-Thouars à 20H30

08/12/09 à Pamproux à 20H30

09/12/09 à La-Mothe-Saint-Heray à 20H30

10/12/09 à Bressuire à 20H30

Recommander

NOMBRE DE VISITEURS

PARTI SOCIALISTE

Mardi 10 novembre 2009
 

Libération

09/11/2009

 

Lang en mission pour Sarkozy en Corée du NordLe socialiste doit examiner la possibilité d'établir des relations diplomatiques avec le régime de Pyongyang et aborder la question du nucléaire.

 

Après Cuba, Jack Lang met le cap sur la Corée du Nord, toujours pour le compte de Nicolas Sarkozy. Arrivé ce lundi à Pyongyang - selon la presse officielle - après un passage par Pékin, le socialiste est chargé d’une «mission d’information» de cinq jours pour voir la possibilité d’établir des relations diplomatiques avec la Corée du Nord.

 

La France «espère engager un dialogue [...] aussi large possible [...] avec les hauts dirigeants» nord-coréens, avait expliqué Jack Lang à l’AFP, la semaine dernière, alors qu’elle est le seul grand pays européen à ne pas avoir de relations diplomatiques avec le régime. L’envoyé spécial de Sarkozy a aussi évoqué une mission «ponctuelle, précise» devant permettre de collecter «des renseignements, des impressions».

 

Le dossier du nucléaire nord-coréen devrait également être évoqué lors de ses entretiens alors que la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, «peut jouer un certain rôle» sur cette question, selon Lang.

 

L’ancien ministre de la Culture s’est déjà entretenu de ce dossier ces dernières semaines avec de hauts responsables américains, japonais et sud-coréens. Lundi matin, avant son départ, il a été reçu à Pékin par le Conseiller d'Etat chargé des affaires diplomatiques Dai Bingguo, après avoir multiplié les discussions avec des experts de la question nord-coréenne. Une éventuelle rencontre avec le dirigeant Kim Jong-Il n’avait toujours pas été confirmée lundi.

 

(Source AFP)

Par Car d'Avenir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 21 octobre 2009
 

JDD

Benjamin Bonneau

16 Octobre 2009

 

Alors que Martine Aubry lui a demandé de réintégrer la direction du PS, Ségolène Royal a préféré lui proposer, à sa place, le jeune Kamel Chibli, maire adjoint de Lavelanet (Ariège), en signe d'ouverture à la jeunesse et à la diversité. Refus de la direction. Pour leJDD.fr, Kamel Chibli commente ce nouvel épisode de la vie tumultueuse rue de Solferino.

 

Avez-vous des nouvelles de la direction depuis la proposition de Ségolène Royal?

Malheureusement non. J'ai eu la secrétaire de Martine Aubry au téléphone, qui m'a assuré que cette dernière allait me contacter. J'attends toujours…

 

On vous sent quelque peu déçu…

Oui, car symboliquement ce refus est un mauvais signal envoyé aux Français. Nous sommes dans une situation critique, avec un PS qui s'éloigne chaque jour un peu plus de ses électeurs. De deux choses l'une: ou ils sont sourds et aveugles, ou ils comprennent véritablement le besoin de rénovation, et ma candidature aurait été accueillie, je pense, comme un symbole fort envoyé aux Français. Au lieu de ça, la direction rappelle les éléphants! Et avec tout le respect que je lui dois, ce n'est pas avec Laurent Fabius que l'on va rénover le Parti. Certains de nos électeurs n'étaient même pas nés quand il était aux affaires!

 

Vous dites que vous attendez une réponse de la direction mais François Lamy, le bras droit de Martine Aubry, a d'ores et déjà dit non…

Je sais. Et je sais aussi que je n'aurai pas ce poste. J'exprime juste un véritable ras-le-bol de la direction et de sa façon de fonctionner. Et j'ai également dit à François Lamy de faire attention au contenu de ses communiqués. Dire que l'on repousse ma candidature car la diversité s'exprime suffisamment dans le parti, c'est aussi une façon de dire que le quota est atteint. Je suis élu depuis des années, je travaille chaque jour sur le terrain, donc j'ai un peu de crédibilité. Je n'estime pas devoir rentrer dans un quota.

 

"Ségolène est très déçue"

On a un peu le sentiment que la proposition de Ségolène Royal était un habile moyen de repousser la main tendue de Martine Aubry…

Je serais donc un alibi? Je ne me vexe pas de votre question, car elle est légitime. On savait, avec Ségolène, que Martine Aubry allait tenter de rapatrier tous les éléphants. On en a discuté pendant 45 minutes, et on en est arrivé à cette idée de tenter de me promouvoir à la direction du Parti. Que les choses soient claires: je me fiche éperdument de ce poste, comme des "honneurs" qui vont avec. J'ai accepté car je trouvais que c'était un bon moyen de réconcilier l'opinion publique avec le PS

 

Comment a réagi Ségolène Royal au refus de Martine Aubry?

Elle a très mal réagi. Elle était très déçue. Pour elle, c'était complètement incohérent de revenir à la direction dans un contexte de rénovation. C'était le sens de ma candidature. Faire une belle photo avec les présidentiables ne l'intéresse pas du tout. Car contrairement à la direction, elle a compris que les Français en ont marre des éléphants.

 

Que comptez-vous faire, tous les deux, dans les jours à venir?

Ségolène continue à y croire. Je pense qu'elle va rappeler Martine Aubry pour tenter de la persuader. Elle espère toujours car pour elle, ce serait une chance pour le PS de voir un jeune militant issu de la diversité, comme moi, intégrer la direction. C'est la symbolique qui l'intéresse, le fait d'envoyer un message fort aux Français. Ce refus, c'est un exemple du manque d'ouverture du PS, alors que je sens une vraie mobilisation derrière moi. Je sens que les Français que je côtoie tous les jours aimeraient que ce signal soit envoyé. Aujourd'hui, le PS n'est plus en phase avec la société, et Martine Aubry a manqué une belle occasion d'y remédier.

Par Car d'Avenir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 5 octobre 2009
 

Morne début de semaine pour la gauche. L’effondrement électoral de la SPD vient confirmer le « paradoxe » que tout le monde pointe depuis un an : alors que la crise financière et économique semble donner raison à la sociale-démocratie, elle profite à la droite, dans ses versions conservatrice ou – plus étonnant encore – franchement libérale. La montée en puissance des libéraux allemands du FDP au scrutin de dimanche vient encore renforcer ce pied de nez à ce que devrait être la logique politique.

 

Si la sociale-démocratie a été battue au niveau européen en juin, et aujourd’hui en Allemagne, c’est bien qu’elle ne répond plus, tant par ses idées que par les structures qui les portent, à la situation politique, et aux femmes et aux hommes qui devraient se reconnaître en elle.

 

De deux choses l’une. Soit la sociale-démocratie est victime d’un terrible malentendu : faute d’un bon « leadership », d’un système d’alliance opérationnel et/ou d’appareil politique en plein état de fonctionnement et de communication, elle serait incapable de se faire entendre des électeurs, mais aurait malgré tout raison. C’est grosso modo la thèse que suppose l’actuel processus de rénovation du parti socialiste. Soit elle a véritablement épuisé son programme, qu’il ait été repris et intégré par l’ensemble du spectre politique, ou qu’il soit inadapté aux défis de l’époque.

 

La seconde hypothèse a raison sur un point : le compromis social-démocrate traditionnel entre État, salariés et entreprises n’existe plus. Mais pour autant, on ne voit pas en quoi les valeurs fondamentales du socialisme, à commencer par celle-là même de compromis, sont dépassées. Des forces comme le Parti de Gauche en France, ou Die Linke en Allemagne, peuvent bien faire de la critique de la sociale-démocratie leur fonds de commerce électoral, on peine toujours à voir quel modèle alternatif positif elles défendent, et en quoi leurs – relatifs – succès électoraux relèvent plus d’une adhésion sincère des électeurs que de la matérialisation de la colère de ceux-ci envers les partis socialistes.

 

Quant à l’écologie politique qui a, depuis quelques mois, le vent en poupe, son récent soutien sans nuance à la taxation écologique du gouvernement Fillon, qui accable un peu plus encore les classes moyennes, montre bien qu’elle ne saurait prétendre incarner à elle seule le rôle et les idéaux de la gauche.

 

Reste la première hypothèse, celle de la simple nécessité d’une « rénovation » : une stratégie de replâtrages successifs, partant du principe que la somme des petites retouches finit par changer l’ensemble du bâtiment. Un coup, une opération de communication avec les intellectuels, le coup suivant, un referendum sur le fonctionnement du parti ; un autre coup encore, une convention sur l’économie. Cette ligne n’est pas absurde en soi, et aurait eu du sens en 2002 ou en 2005. Mais elle est complètement inadaptée à l’urgence et à la gravité du contexte actuel.

 

A cause de la somme des ratés des derniers mois. Mais également, et peut-être surtout, à cause de la parution du livre sur le congrès de Reims, et de la gestion de cette parution par les responsables socialistes. Sans doute n’apprend-il pas grand chose aux habitués et aux experts “ Si la sociale-démocratie a été battue au niveau européen c’est bien qu’elle ne répond plus aux femmes et aux hommes qui devraient se reconnaître de la machine solférinesque.

 

Mais l’étalement sur la place publique de méfaits jadis limités aux conversations entre cadres et militants, et – surtout – l’absence de réaction exceptionnelle de la direction du PS – voire, pire encore, la reconnaissance tacite des faits par certains, et même par le questionnaire soumis au vote le 1er octobre ! – ont produit dans l’opinion des femmes et des hommes de gauche des dégâts dont on mesure encore sans doute mal l’étendue et les conséquences. Le parti socialiste a désormais l’image d’une formation tolérant la fraude électorale en son sein. Seul un électrochoc radical pourrait effacer ce stigmate. Or il ne nous semble pas que le référendum interne du premier octobre, et sa logique de rénovation par petits pas, se situe à cette hauteur.

 

Il est insuffisant parce qu’il procède d’une double réduction : d’abord réduction de la refondation politique à une rénovation organisationnelle, en renvoyant aux calendes grecques tout ce qui a trait à l’identité idéologique du socialisme français, au moment même où les Français attendent des prises de position fortes sur les services publics, la violence des normes managériales ou encore l’équilibrage entre exigences sociales et « urgence environnementale ».

 

Réduction ensuite de la rénovation interne à des questions tactiques – les alliances – ou ne concernant que les postes d’élus – non-cumul, diversité – alors que tout ce qui concerne la démocratie interne et l’augmentation du pouvoir des militants est laissé de côté. Ou même d’une certaine manière foulé aux pieds, avec ce questionnaire fermé sans véritables possibilités d’amendement, renvoyant le temps du débat à une lointaine convention thématique dédiée.

 

Le compte n’y est décidément pas. On a, pour tout dire, le sentiment d’un artifice mis en place dans l’urgence pour laisser passer l’orage, et appliquer quelques rustines en trompe-l'œil sur un appareil dont l’obsolescence ne trompe pourtant plus personne. Faut-il préciser qu’un tel aveuglement, conjugué à la recherche désordonnée de nouvelles alliances n’importe comment, et à n’importe quel prix, risque fort de signer la fin d’un parti que ses « partenaires » guettent déjà d’un œil gourmand ?

 

Dans la grande reconfiguration du champ politique de la gauche qui s’amorce, si le socialisme a encore une identité propre et utile au monde actuel, alors il doit prendre lui-même l’initiative de la reconstruction de son camp. En commençant par sa révolution interne : à savoir, un congrès extraordinaire de refondation, qui remettrait à plat l’ensemble de son fonctionnement et de son idéologie, qui permettrait à tous les Français qui le souhaitent d’adhérer immédiatement pour y participer, et qui associerait, si elles le souhaitent, les formations qui nous sont proches – radicaux, citoyens, communistes unitaires.

 

Un tel processus pourrait avoir lieu en deux temps. D’abord, une grande convention préparatoire à l’automne, qui permettrait parallèlement de créer une dynamique populaire en vue des régionales, en donnant un signe fort que le PS a compris la déception du peuple de gauche, et son désir d’un grand parti radicalement réformiste.

 

Ensuite, le congrès proprement dit au sortir des régionales, pour préparer au mieux les prochaines échéances, et travailler à construire des alliances qui se fassent sur une identité politique claire, et non pas dans une logique de combinaisons ou d’arithmétique électorale à la Prévert, où l’on additionne tout et n’importe quoi, pourvu que l’on atteigne une hypothétique majorité.

 

Longtemps annoncée, systématiquement retardée, aujourd’hui instrumentalisée, la « rénovation » est désormais un concept caduc et dépassé. Pire, elle risque de servir de leurre pour retarder la refondation radicale que militants comme électeurs appellent instamment de leurs vœux.

 

Trop de temps a déjà été perdu pour tenter, à nouveau, d’en gagner. Nous devons avoir le courage d’une refondation en bonne et due forme : c’est une question de vie ou de mort pour le parti socialiste. Il y a une urgence absolue à ce que celles et ceux qui dirigent le Parti socialiste aujourd’hui le comprennent vite ... et à défaut, il faut les y aider.

 

JULIEN DRAY ET ROMAIN PIGENEL

Source : La tête à gauche n°155

Par Car d'Avenir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 21 août 2009

LE MONDE

20.08.09

 

 

Editorialiste

 

Anathèmes, cris, pleurs et chuchotements tissent le quotidien d'un Parti socialiste (PS) en pleine crise existentielle. Depuis la débâcle au scrutin européen du 7 juin, l'échec de la proposition, mort-née, de "maison commune " de la gauche et le virulent duel entre Martine Aubry et Manuel Valls, le PS ressemble à un chaudron où, à défaut de débats, l'ébullition est permanente. A quelques encablures de la rituelle université d'été du PS à La Rochelle, du 28 au 30 août, revue de détail de onze acteurs, en scène ou en coulisses, de ce mauvais feuilleton de l'été.

 

 

Depuis que Mme Aubry lui a appliqué le principe "Le PS aime-le ou quitte-le !", Manuel Valls, bientôt 47 ans, jubile. Des plateaux de télévision au Financial Times, le maire d'Evry et député de l'Essonne a célébré son succès. Après avoir lancé, le 29 juin, à la fois son club - A gauche, besoin d'optimisme ! (!) -, et sa candidature à l'investiture socialiste pour 2012, M. Valls déploie son énergie à défendre son nouvel horizon pour la gauche, "le foisonnement des chemins vers l'autonomie individuelle". Formé à la même école que son vieil ami Stéphane Fouks, le patron d'Euro RSCG France, M. Valls a l'art de communiquer. Et la maire de Lille l'a doté d'une formidable rampe de lancement. Mais les faits sont têtus. Jugé trop "droitier" au sein du PS, M. Valls reste très marginal, privé de troupes.

 

Réélu, avec un faible score, député européen, Vincent Peillon, 49 ans, est médiatiquement discret. Si Ségolène Royal avait été élue à la tête du PS, il serait aux manettes, comme premier secrétaire délégué. L'ancienne candidate à l'Elysée le soupçonne de vouloir faire main basse sur son courant, L'Espoir à gauche, même si elle s'en tient à l'écart tout en assurant y être largement majoritaire. M. Peillon organise, les 21 et 22 août à Marseille, un séminaire qui lui a valu les foudres (discrètes) de Mme Aubry. Elle reproche au philosophe féru d'histoire, qui n'a pas renoncé à son rêve d'être un jour premier secrétaire, d'y avoir convié Daniel Cohn-Bendit, le leader d'Europe-Ecologie, qui a bâti son succès du 7 juin sur les décombres du PS, Robert Hue, en congé du Parti communiste, et Marielle de Sarnez, la numéro deux du MoDem. M. Peillon persiste et signe.

 

Arnaud Montebourg, 46 ans, a retrouvé sa fougue d'électron libre. Secrétaire national à la rénovation, il ne décolère pas d'avoir vu son rapport "pour des primaires ouvertes et populaires", élaboré avec Terra Nova, mis au rancart en attendant le verdict, après les régionales de mars 2010, de Mme Aubry. Privé d'atelier à La Rochelle, le député de Saône-et-Loire organise, le 27 août à Jarnac (Charente), dans la ville où est inhumé François Mitterrand, un séminaire de la rénovation. Pour être suivi sur les primaires, il évoque une pétition devant recueillir l'adhésion de 35 fédérations ou de 15 % des adhérents pour imposer un référendum militant. En attendant, il fustige un PS "qui ressemble à la RDA (République démocratique allemande)" et juge qu'il est "tombé dans le formol".

 

Bien que battu aux européennes, Benoît Hamon, 42 ans, reste porte-parole du PS et a été associé à l'édification de la "maison commune" de la gauche. Leader de l'aile gauche, affaiblie par le départ du PS des amis de Jean-Luc Mélenchon, et où les jeunes socialistes côtoient la "vieille garde" emmenée par Henri Emmanuelli, il a assisté sans joie à la réconciliation Aubry-Royal. Le 23 août, M. Hamon sera l'invité d'honneur de M. Montebourg à la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire). Un éloignement de Mme Aubry ? Candidat à l'investiture, Pierre Moscovici, 51 ans, qui pilotera la convention sur un nouveau modèle de développement, veut, lui, "changer le contenu" du Parti.

 

Dominique Strauss-Kahn, 60 ans, se place en tête des sondages - à égalité à 73 % avec Jacques Chirac dans le baromètre de Paris Match -, alors qu'il se garde bien d'entretenir les spéculations sur son retour. Etrangement, le directeur général du Fonds monétaire international, absent du débat français, est en tête des personnalités qui incarnent l'opposition. François Rebsamen, 58 ans, qui rêve d'être le président d'un Sénat de gauche en 2011, se tient à mi-distance entre Mme Royal et François Hollande. Bertrand Delanoë, 59 ans, n'exclut rien et déplore le "gâchis de talents, d'idées". Mais il a confié à son courant "la frustration, l'inquiétude et même une forme de colère" que lui inspire le Parti. François Hollande, 55 ans, semble résigné à l'idée de primaires ouvertes aux seuls sympathisants socialistes, auxquelles il sera candidat, mais il préférerait qu'elles aient lieu avant la fin de 2010.

 

Solidaire de Mme Aubry, Mme Royal, 55 ans, fustige "un feuilleton quotidien de petites phrases", tandis que son ancien directeur de campagne, Jean-Louis Bianco appelle "les éléphants, les sous-éléphants et les éléphanteaux" à arrêter de "se regarder le nombril". Elle se consacre d'abord à "ses" régionales. Une réélection au premier tour à la tête de Poitou-Charentes lui offrirait un bon tremplin pour 2012. Mme Aubry, 59 ans, "joue (son) rôle de premier secrétaire". Arborant l'appui de Mme Royal et de Laurent Fabius, elle ne dévie pas d'un pouce et travaille à un nouveau "modèle de société". Même si le chaudron n'a pas fini de bouillir.

 

 

--------------------------------------------------------------------------------

 

Courriel : noblecourt@lemonde.fr

 

Michel Noblecourt

Par Bus de la Fraternité
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 20 août 2009

Nouvel Observateur

Mardi 18 août 2009

 

Menace d'exclusion de Manuel Valls, enterrement du rapport sur les primaires : «C'est la RDA», tonne Arnaud Montebourg. Excessif ? Sans doute. Mais pour beaucoup de socialistes aujourd'hui, l'attitude de l'équipe Aubry n'est pas sans rappeler celle de la Place-du-Colonel-Fabien au début des années 1980

C'est la couleur de l'été : depuis quelques semaines, les socialistes ne voient plus la vie en rose mais en rouge ! La métaphore communiste n'a jamais été autant utilisée pour décrire la vie quotidienne rue de Solférino. «Le Parti socialiste est entré dans une ère de brejnévisation. On perd et on continue comme avant. Vous allez voir, bientôt on ostracisera les voix discordantes en expliquant qu'elles relèvent de la trahison», prophétisait Gérard Collomb dans nos colonnes, au lendemain des européennes. Avec l'affaire Manuel Valls, sommé par Martine Aubry de se taire ou de prendre la porte, on n'en est pas si loin.

 

 

Déni de réalité, baisse des effectifs, défaites à répétition et maintenant menaces, à peine voilées, d'exclusion ! A en croire plusieurs élus socialistes, comme le député de la Nièvre Gaëtan Gorce, le PS serait en train de se claquemurer dans un champ de ruines. Comme le PCF il y a vingt ans. Sinistres références... «C'est la RDA !», a lancé Arnaud Montebourg, ivre de rage de voir que Martine Aubry avait tout bonnement enterré le rapport qu'il venait de lui remettre sur l'organisation de primaires pour désigner le prochain candidat socialiste à la présidentielle.

 

 

La politique de l'autruche

 

Excessifs, les nouveaux dissidents de la rue de Solférino ? Sans doute. Le PS et le PCF n'ont jamais partagé ni les mêmes idées, ni les mêmes pratiques, ni les mêmes valeurs. Et pourtant, le parallèle a été esquissé, juste après la débâcle des européennes, par deux spécialistes en la matière : Francis Chouat, un ancien du PC devenu depuis membre de la direction du PS, et Charles Fiterman, ancien ministre communiste des Transports, reconverti en militant socialiste depuis dix ans. Que se sont dit les deux hommes en se croisant ce jour- là dans les couloirs du conseil national ? «Que ça nous rappelait le Parti communiste en 1984...», raconte le premier. Le PCF venait de se ramasser aux élections européennes, récoltant le plus petit score de son histoire : 11,2%. Tous les signaux étaient au rouge, mais le comité central choisissait de faire la politique de l'autruche. Incapable de se remettre en question, Georges Marchais préférait attribuer la défaite à l'abstention, aux manipulations d'un diable rose nommé François Mitterrand et, bien sûr, aux manoeuvres ourdies, au sein de l'appareil, par des comploteurs qui avaient l'audace de se proclamer rénovateurs...

 

 

Un provocateur patenté

 

Autre parti, autres moeurs ? Depuis le scrutin européen, les socialistes attendent toujours une analyse politique de leur défaite. Lors de ce fameux conseil national, ils ont écouté sans ferveur le discours de la première secrétaire, qui avait déclaré un peu plus tôt que si la campagne était à refaire, elle referait... exactement la même ! Au bout de deux heures, il ne restait plus que 38 courageux sur les 350 présents à l'ouverture des débats. «La preuve que le parti est malade, c'est qu'il n'y a plus personne !», a lancé Gérard Collomb à la tribune.

 

Un mois et demi plus tard, le schmilblick n'a pas avancé d'un pouce ! Le 7 juillet dernier, les socialistes se sont de nouveau réunis. A Marcoussis, ils ont discuté de la situation du pays et de leur projet. Mais toujours pas des sujets qui fâchent... Prudent, le cabinet Viavoice, chargé par la direction du PS d'éplucher 1 737 contributions de militants, avait retranché de son compte- rendu tous les commentaires qui pouvaient concerner les élections, le fonctionnement du parti ou encore les primaires. Arnaud Montebourg s'en est étonné durant les débats. Il attend toujours sa réponse...

 

 

Gare à celui qui ose mettre les pieds dans le plat ! Provocateur patenté, Manuel Valls, qui multiplie les critiques contre la direction, appelant même à ? une «insurrection militante», en a fait les frais. «Tu donnes l'impression d'attendre, voire d'espérer la fin du Parti socialiste», lui a écrit la première secrétaire la semaine dernière. Voilà le «rénovateur» accusé, au fond, de se comporter comme un vulgaire «liquidateur» ! L'argument n'est pas neuf. C'est à peu près celui qu'employait Georges Marchais dans les années 1980 pour museler son opposition interne.

 

La méthode employée par Martine Aubry fleure bon les campagnes ad hominem d'un autre âge. Rédigée en tout petit comité pour flatter un appareil socialiste que les sorties du maire d'Evry exaspèrent, la lettre a été transmise au «Parisien» en même temps qu'elle arrivait sur la boîte mail de son destinataire. Dès le lendemain, dûment chapitrés, les gardes roses se sont mis à l'oeuvre. Haro sur le «renégat», coupable de n'avoir «jamais de formules assez louangeuses pour Nicolas Sarkozy, pour sa politique de sécurité ou d'immigration, et jamais de formules assez dures contre son propre parti», selon les mots d'Harlem Désir. Pour l'occasion, même les fabiusiens, qui avaient pourtant copieusement transgressé les directives du PS lors du référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005, ont goûté ce retour à la discipline. «Le parti n'est pas une auberge espagnole», a dégainé le député de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone, à l'adresse de son collègue d'Evry, qui est d'origine catalane.

 

En vase clos

 

«Au-delà du cas de Manuel Valls, la lettre avait valeur d'exemple», assume aujourd'hui François Lamy, premier lieutenant d'Aubry. Voilà les autres «liquidateurs» prévenus. Qui seront les prochaines victimes du complot des blouses roses ? Vincent Peillon ou Arnaud Montebourg sont déjà dans le collimateur. Mais au Parti socialiste, où l'ana thème est devenu monnaie courante, personne n'est à l'abri. Pas même les gros poissons ! Le 7 avril, lors du bureau national qui a suivi la réunion du G20 à Londres, Pascal Cherki, un représentant de l'aile gauche du PS, a expliqué que non seulement le sommet international n'avait rien changé, mais que le pire, c'est que des «camarades» s'étaient prêtés à cette mascarade. «Il faudra s'occuper d'eux», a-t-il lancé, visant implicitement le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, et celui de l'OMC, Pascal Lamy. Ce jour-là, la première secrétaire l'a pris sur le ton de l'humour : «Qu'est-ce qui lui prend ? C'est le printemps qui lui fait cet effet-là ?», s'est-elle contentée de répondre.

 

Car Martine Aubry n'est évidemment pas seule comptable des dérives de sa «vieille maison». Les dernières élections au congrès de Reims l'ont montré, le Parti socialiste n'est qu'une démocratie de façade, où les votes traduisent autant l'influence des barons que la volonté des militants. Depuis dix ans, il fonctionne en vase clos. Tout s'y décide en petit comité. Ses instances de direction, bureau national ou secrétariat national, ne sont là que pour entériner les décisions. On y parle pour exister plus que pour être entendu. «Personne ne dit réellement ce qu'il pense. On est sur des modes d'expression tactiques, où seul compte le positionnement personnel, même si chacun prend soin d'appuyer son propos en expliquant que c'est ce qui ressort très clairement de sa dernière réunion de section...», se désole un participant. Les apparatchiks parlent aux apparatchiks.

 

«Le PCF avait une bureaucratie interne, là, c'est plutôt une nomenklatura d'élus, implantés dans des circonscriptions en béton, membres de la direction depuis toujours. Rien ne les conduit à se remettre en question. C'est toujours la faute des autres, des médias, de ceux qui s'expriment à l'extérieur», juge le député de la Nièvre, Gaëtan Gorce.

 

 

Des textes qui fâchent

 

Le problème, c'est que cette interdiction de critiquer le parti à l'extérieur se double parfois d'une interdiction de débattre à l'intérieur. Les rapports qui font tache sont enterrés illico. Il y a quatre ans, un rapport de Malek Boutih sur l'immigration, jugé trop sulfureux, n'avait même pas été présenté au bureau national. Aujourd'hui, celui d'Arnaud Montebourg sur les primaires connaît le même sort. Interdit de séjour à la prochaine université d'été de La Rochelle, ce document de 74 pages n'a pas fait l'objet d'une seule ligne dans «l'Hebdo des socialistes», qui est un peu au PS ce qu'était la «Pravda» au PC soviétique. Il faut s'armer de patience pour le dénicher sur le site internet, où s'étalent dès la page d'accueil plusieurs tribunes d'opposants aux primaires, reprises in extenso !

 

 

Aux textes qui fâchent, le PS préfère les chiffres qui rassurent. «Comme au bon vieux temps du Gosplan, nous avons le culte de l'objectif quantitatif», raille un membre de la direction. L'URSS fixait à l'avance sa production de blé ou de charbon. Le PS, lui, annonçait au lendemain de la publication de son contre-plan de relance 1 000 initiatives pour «agir contre la crise». Las ! La carte interactive disponible sur son site web n'en recense qu'une centaine. Et le journal de bord, qui devait permettre de suivre l'avancement de l'opération, est resté désespérément vide depuis janvier ! Le PS se promettait aussi de récolter un million de signatures pour l'abrogation du bouclier fiscal. Beaucoup manquent à l'appel. Comme les électeurs ?

 

Matthieu Croissandeau

Le Nouvel Observateur

Par Bus de la Fraternité
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés